samedi 20 juin 2015

Il doit passer par ici... Passera-t-il par là ?



La Maurienne a payé un lourd tribu à l’emploi, vallée industrialisée, elle en garde encore les stigmates. La population voit, avec craintes les fermetures successives des bastions locaux d’emploi et se raccroche au moindre espoir d’avenir pour elle-même et ses enfants.
 Les politiciens locaux ont tout de suite senti la manne électorale qu’il pouvait tirer d’un tel projet. Elus pour restaurer l’emploi dans la vallée, programme qu’ils savaient eux-mêmes abscons, ils pourront enfin se glorifier d’une concrétisation de promesses électorales faites « au doigt mouillé » pouvant enfin surenchérir sur la soit disant nécessité impérieuse et le nombre délirant d’emplois induits. Le grand patronat l’a bien compris, il sait jouer de telles marionnettes…
 Alors que de nombreuses données chiffrées prouvent l’inutilité d’un tel projet à la fois pour réduire la pollution et améliorer la situation économique de nos vallées, on oublie qu’il obéit à un impératif vis-à-vis duquel, la rentabilité, les populations, les paysages … ne sont que des aléas collatéraux. En ces temps de difficultés, les lobbies du CAC 40, jouent les « danseuses » auprès de l’Etat pour que leurs actionnaires conservent leurs dividendes. A la botte de ces obligés, capitalistes, ce dernier, ne pouvant faire passer l’argent des contribuables directement dans les caisses de la grande industrie (BTP entre autres…), décide d’ une politique de grands travaux…inutiles, d’autres en d’autres temps ( Hitler, Mussolini…) ont utilisés les même moyens pour renflouer les caisses de ces pauvres grosses boites. Ce projet financé par les justiciables, français, italiens et européens est conçu pour une utilisation essentiellement privée, au moins pour le fret. Pour ce qui est des voyageurs, ce qui est vendu est le gain de temps entre Lyon et Turin ( Paris et Milan), il est fort à parier que la desserte de Saint Jean de Maurienne, qui ferait perdre au moins ¼ d’heure sera zappée pour cause de non rentabilité.
 Que restera-t-il réellement à la Maurienne et aux mauriennais après un tel aménagement présenté comme une panacée par les élus de tous bords, surfant sur la détresse actuelle face à l’emploi ? Certes d’autres cicatrices, d’autres pestilences lancées comme du vitriol pour mieux continuer à la défigurer : 130 emplois pérennes, un petit millier de boulots occasionnels va se répartir entre français, italiens et européens. Les grosses entreprises ont leurs troupes de spécialistes, elles ne laisseront à la sous-traitance (comme pour les JO) des miettes empoisonnées. Et… 10 millions de mètres cubes de déblais aux poussières cancérigènes…
 De l’industrie lourde à l’industrie chimique, la Maurienne a servi de zone d’exploitation à des entreprises plus polluantes les unes que les autres. Venant à la rescousse de l’exode rural, l’industrie a posé sa patte sur le bassin d’emploi que constituait une vallée propice à la houille blanche et en manque de terres agricoles pour tous.De ce fait la Maurienne a toujours été dépendante d’un développement imposé par l’extérieur, et qui peut le plus peut le moins… une récession, actuellement…
  Cette vallée était (est ?) riche (énergie, mines, élevage, viticulture…). Ces richesses ont été ponctionnées par des intérêts extérieurs qui s’ils lui ont donné un grand bol d’air (fluoré) en terme d’emploi n’ont jamais permis à ses habitants de s’en saisir pour un bien-être commun et un développement le moins dépendant possible des vicissitudes extérieures (mondiales). Qu’en sera-t-il de la vallée quand les espoirs de développement de ses habitants seront enterrés sous 12 pyramides de Khéops de déblai ? Il est grand temps de réagir sachant que l’atteinte portée à l’existant risque de ne laisser au futur qu’un champ de ruine toxique. 
 
Comité No TAV Chambéry - 14 juin 2015

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