samedi 3 septembre 2016

Nouvelle adresse du collectif No TAV Chambéry

Le collectif No TAV Chambéry se réunit régulièrement. Pour participer, recevoir des infos, etc, contactez nous :


notavchambery@laposte.net


samedi 31 octobre 2015

Lyon-Turin, où en est-on ?

   Voici plus de 20 ans que le projet du Lyon Turin ferroviaire a été lancé ! Où en est-on aujourd’hui et en quoi ce projet est-il utile pour les habitants, l’environnement, le climat et les finances publiques ? 
   Aujourd’hui les promoteurs du Lyon Turin se focalisent sur le lancement de la phase de réalisation de la section transfrontalière (tunnel de base) de la future liaison ferroviaire Lyon Turin. Cet été ils criaient victoire lorsqu’enfin la descenderie de la Maddalena côté italien, a atteint le niveau de l’hypothétique tunnel de base bi-tube de 57km de long. Rappelons que l’objectif serait de transporter sur la ligne nouvelle 40 millions de tonnes de marchandises par an alors que la ligne actuelle dont la capacité a été portée à 15MT atteint péniblement 3MT.

Un projet pharaonique, anti-écologique, inutile : 

- 50% de camions en plus sur les routes (22 à 33Mt/an) ;
- 150% de marchandises en plus à travers les Alpes du nord (30,2 à 74,7Mt/an) ;
- 210 km de voies nouvelles dont 150km de tunnels ;
- 59 ouvrages d’art courant - 6 viaducs - 8 tunnels ;
- de 1,3 Millions /an à 4M/an de voyageurs à l’international ;
- 50 millions de m3 de déblais ;
- 1500 ha de zones naturelles ( humides, Natura 2000 -) et agricoles détruites ;
- 26Mds euros d’investissement total dont 9 Mds pour la section transfrontalière.
 
   A l’approche de la COP 21, les discours sur le changement climatique se multiplient sans s’attaquer aux causes : la recherche du profit maximum et les exigences productivistes de l’économie capitaliste avec le juste à temps, les délocalisations des productions, provoquent le dumping social, la concurrence entre les peuples. La multiplication des déplacements et la concentration des moyens de production génèrent pollutions et déséquilibres climatiques. Le Lyon Turin en serait un instrument nuisible pour l’avenir.

Répression, conflits d’intérêts, déficit démocratique 
 
   L’obstination des décideurs du tout nouveau TELT, (Tunnel Euralpin Lyon Turin), des Etats et collectivités locales sous la pression du lobby des Industries Ferroviaires et du BTP, entraîne de nombreuses irrégularités, conflits d’intérêts, comportements mafieux, dans la conduite de ce dossier. De part et d’autre de la frontière la violence policière est employée contre les opposants “No Tav” comme réponse à l’exigence démocratique des habitants.
 
   Nous opposons à ce modèle, la recherche de la satisfaction des besoins en terme de déplacements quotidiens : doublement des voies uniques, cadencement, fréquence, régularité plutôt que vitesse et zones désertées. Plus globalement nous militons pour la fin du productivisme, pour un développement soutenable, pour une démocratie directe, et la justice sociale.

samedi 20 juin 2015

Il doit passer par ici... Passera-t-il par là ?



La Maurienne a payé un lourd tribu à l’emploi, vallée industrialisée, elle en garde encore les stigmates. La population voit, avec craintes les fermetures successives des bastions locaux d’emploi et se raccroche au moindre espoir d’avenir pour elle-même et ses enfants.
 Les politiciens locaux ont tout de suite senti la manne électorale qu’il pouvait tirer d’un tel projet. Elus pour restaurer l’emploi dans la vallée, programme qu’ils savaient eux-mêmes abscons, ils pourront enfin se glorifier d’une concrétisation de promesses électorales faites « au doigt mouillé » pouvant enfin surenchérir sur la soit disant nécessité impérieuse et le nombre délirant d’emplois induits. Le grand patronat l’a bien compris, il sait jouer de telles marionnettes…
 Alors que de nombreuses données chiffrées prouvent l’inutilité d’un tel projet à la fois pour réduire la pollution et améliorer la situation économique de nos vallées, on oublie qu’il obéit à un impératif vis-à-vis duquel, la rentabilité, les populations, les paysages … ne sont que des aléas collatéraux. En ces temps de difficultés, les lobbies du CAC 40, jouent les « danseuses » auprès de l’Etat pour que leurs actionnaires conservent leurs dividendes. A la botte de ces obligés, capitalistes, ce dernier, ne pouvant faire passer l’argent des contribuables directement dans les caisses de la grande industrie (BTP entre autres…), décide d’ une politique de grands travaux…inutiles, d’autres en d’autres temps ( Hitler, Mussolini…) ont utilisés les même moyens pour renflouer les caisses de ces pauvres grosses boites. Ce projet financé par les justiciables, français, italiens et européens est conçu pour une utilisation essentiellement privée, au moins pour le fret. Pour ce qui est des voyageurs, ce qui est vendu est le gain de temps entre Lyon et Turin ( Paris et Milan), il est fort à parier que la desserte de Saint Jean de Maurienne, qui ferait perdre au moins ¼ d’heure sera zappée pour cause de non rentabilité.
 Que restera-t-il réellement à la Maurienne et aux mauriennais après un tel aménagement présenté comme une panacée par les élus de tous bords, surfant sur la détresse actuelle face à l’emploi ? Certes d’autres cicatrices, d’autres pestilences lancées comme du vitriol pour mieux continuer à la défigurer : 130 emplois pérennes, un petit millier de boulots occasionnels va se répartir entre français, italiens et européens. Les grosses entreprises ont leurs troupes de spécialistes, elles ne laisseront à la sous-traitance (comme pour les JO) des miettes empoisonnées. Et… 10 millions de mètres cubes de déblais aux poussières cancérigènes…
 De l’industrie lourde à l’industrie chimique, la Maurienne a servi de zone d’exploitation à des entreprises plus polluantes les unes que les autres. Venant à la rescousse de l’exode rural, l’industrie a posé sa patte sur le bassin d’emploi que constituait une vallée propice à la houille blanche et en manque de terres agricoles pour tous.De ce fait la Maurienne a toujours été dépendante d’un développement imposé par l’extérieur, et qui peut le plus peut le moins… une récession, actuellement…
  Cette vallée était (est ?) riche (énergie, mines, élevage, viticulture…). Ces richesses ont été ponctionnées par des intérêts extérieurs qui s’ils lui ont donné un grand bol d’air (fluoré) en terme d’emploi n’ont jamais permis à ses habitants de s’en saisir pour un bien-être commun et un développement le moins dépendant possible des vicissitudes extérieures (mondiales). Qu’en sera-t-il de la vallée quand les espoirs de développement de ses habitants seront enterrés sous 12 pyramides de Khéops de déblai ? Il est grand temps de réagir sachant que l’atteinte portée à l’existant risque de ne laisser au futur qu’un champ de ruine toxique. 
 
Comité No TAV Chambéry - 14 juin 2015

mercredi 17 juin 2015

Tract du comité No Tav Chambéry - 14 juin 2015


Le Lyon Turin : un projet couteux !

  Les tenants du projet, affirment que le Lyon Turin serait maintenant sur les rails et que 2015 verrait le lancement de la phase de réalisation de la section transfrontalière (tunnel de base) de la future liaison Lyon Turin en s’appuyant sur :

- les Décrets d’Utilité Publiques de décembre 2007 pour la section internationale en France et du 23 août 2013 pour l’itinéraire d’accès au tunnel franco-italien ;

- la réalisation des études et travaux de reconnaissance d’octobre 2001 à février 2015 ;

- le financement par l’Europe.

Suffit-il de créer une nouvelle société appelée TELT, (Tunnel Euralpin Lyon Turin) en remplacement de LTF (Lyon Turin Ferroviaire) avec à sa tête le même président Hubert Dumesnil pour que leur ambition devienne réalité ?

Loin de nous cette idée, pour plusieurs raisons ainsi que certains députés européens :

* La France et l'Italie n'ont présenté qu'une demande partielle à l’Europe portant sur 3 milliards d'euro (dont 1,2 milliards de subvention européenne) sur les 8,6 milliards estimés par LTF alors que le traité franco- italien exige la disponibilité du financement qui sera un préalable au lancement des travaux (voir article 16).

* La violation des règles d'indépendance et d'impartialité pour la certification des coûts du tunnel de base en méconnaissance
- de l'article 18 du traité franco italien,
- de la demande de la Cour des Comptes,
- de l'engagement du premier ministre français le 8 octobre.
La société Tractebel GDF Suez (retenue dans un marché de gré à gré) étant la sous-traitante de Lyon Turin Ferroviaire de 2002 à 2006 et de 2009 à 2013 au sein d'un groupe représenté au bureau de l'institut de la gestion déléguée dont le président n'est autre que celui de Lyon Turin Ferroviaire/TELT.

Nous le voyons le financement de la section transfrontalière Saint-Jean-de-Maurienne et Susa/Bussoleno d’une longueur de 70 km n’est, à notre connaissance, pas assurée même si l'Etat est, pour la France, l'unique actionnaire, à hauteur de 50 %. Qu’en est-il de la ligne d’accès de Lyon à Saint-Jean-de-Maurienne dont le coût d’investissement prévisionnel présenté à enquête publique en 2012 s’élevait à 10 Mds hors LGV Lyon - Chambéry soit autant que pour la section internationale ! Se pose ici le recours des partenariats publics / privés que nous refusons et des exigences de profit de ces derniers au détriment du contribuable.

A qui profite cet immense chantier ?


Alstom, Bombardier, Vinci, Vossloh Cogifer, Egis, Faiveley, Systra, et quelques autres : tous sont réunis dans la Fédération des Industries Ferroviaires (la «FIF»), qui sert d’instrument de pression sur les gouvernements et les collectivités locales.

De nombreuses irrégularités, conflits d’intérêts, comportements mafieux, dans la conduite de ce dossier, sortent peu à peu au grand jour. La presse tels que Politis, Reporterre, le Canard Enchainé ou l’AFP relaient ces informations scandaleuses. L’Office européen de Lutte contre la Fraude vient ainsi d'ouvrir une enquête à la demande de Michèle Rivasi et Karima Delli députées européennes.


Le Lyon Turin : un projet pharaonique et dangereux !


   Nous remettons en cause le dogme simpliste qui qualifie d’écologique le simple transfert des personnes et marchandises de la route au rail. Encore faut-il tenir compte des impacts environnementaux de ce projet avec ses 150 km de tunnels bitube, ses 50 millions de m3 de roches extraites dont certaine radioactives et amiantifères, ainsi que les espaces réservés au Lyon Turin (chantiers, dépôts, ouvrages à l’air libre et tunnels) affectant 1500ha de zones agricoles, naturelles ( humides, Natura 2000 -) a priori inaccessibles à un tel projet d’aménagement. Cet immense chantier aura un impact très négatif pour les habitants sur leur santé avec le bruit, les norias de camions, les poussières sur leur cadre de vie, l’aspect visuel des ouvrages d’art, la destruction de sources et circuits hydrologiques…


Le Lyon Turin : un projet inutile

   Le plus important est de se poser la question de la finalité des transports et de leur utilité sociale. Le LT participera de fait à l’augmentation des capacités de transport et donc de nuisances induites pour l’environnement et les territoires concernés.

Il répond aux exigences productivistes de l’économie capitaliste avec le juste à temps, les délocalisations des productions, provoquant le dumping social et la concurrence entre les peuples. Il contribuera à la dégradation de l’environnement et de la santé des habitants.
 

Projections de croissance pour le LT 

Alors que :

- le fret route est passé entre 2000 et 2004 puis 2012 de 25 Mt à 22Mt puis 19Mt

- le fret rail de 9 Mt à 8Mt puis 3,4Mt

- le fret route / rail de 34 Mt à 28Mt puis 22Mt

Réseau Ferré de France prévoit à l’horizon 2035 :

- augmenter de 50% le trafic routier de marchandises (33 millions de tonnes par an),

- porter la capacité sur rail à 60 millions de T de marchandises par an dont 16 sur la ligne historique (6 à 7 fois plus qu’alors),

- passer de 1,3 en 2009 à 4 Millions de voyageurs/an international.



Avec le Lyon Turin c’est 50% de camions en plus sur les routes et 150% de marchandises en plus à travers les Alpes.

Retour sur le rassemblement du 14 juin 2015 à Chapareillan

Dimanche 14 juin, une journée d'action contre le Lyon-Turin était organisée à Chapareillan à l'initiative du comité locale. Ce village serait particulièrement impactée par la ligne dont le tunnel sous le massif de la Chartreuse déboucherait sur la commune. Après une matinée de meeting et un repas au centre du village, une marche rassemblant 400 manifestants, habitants de Chapareillan et opposants venus de Chambéry, de Grenoble, de Maurienne, d'Italie, s'est déployée dans la plaine agricole en périphérie du village, là-même où la ligne passerait, entre Chartreuse et Belledonne.  

La lutte contre le Lyon-Turin ne fait que commencer, d'autres rendez-vous sont déjà programmés comme la marche No TAV de Chimilin au Val de Suse du 30 juin au 12 juillet.